sábado, 4 de janeiro de 2014

"Pour les cinéphiles, le remake de Psychose réalisé par Gus Van Sant est une mine d'or, bien que ce soit un mauvais film, ou justement à cause de cela. C'est la première fois dans l'histoire du cinéma qu'un film reprend à quatre-vingt-dix pour cent l'original, avec les mêmes plans, les mêmes dialogues, la même musique. Mais l'un a une force saisissante, et l'autre est à peu près une nullité. Moi qui pensais que seuls les questions de construction et de mise en scène comptaient, j'ai découvert en comparant Psychose et sa copie que le casting et la manière de diriger les acteurs étaient d'une importance cruciale. Si vous vous trompez dans ce domaine, le film tombe. Même des éléments qui semblent de l'ordre du détail, comme la vitesse d'un mouvement de caméra ou la qualité du mixage de la musique, ont un rôle essentiel. Pour le Psychose de Gus Van Sant, la musique a été mixée de manière ronde, moderne, avec la stéréo, alors que dans le film de Hitchcock, la musique avait été mixée dans une tonalité grinçante, pas déplaisante à l'oreille mais inquiétante. Ça change tout. Une scène filmée exactement de la même façon s'effondre avec la musique mixée pour le film de Gus Van Sant. Ça me rappelle la formule de Melville, à qui on avait demandé ce qui était le plus important dans un film. Il avait répondu : le casting à cinquante pour cent, le scénario à cinquante pour cent, le mixage à cinquante pour cent, le montage à cinquante pour cent, voulant dire que si un seul de ces éléments était défaillant, tout le reste était perdu. Tous les apprentis cinéastes devraient étudier les différences entre ces deux Psychose, qui sont à la fois criantes et subtiles. Les grands films ne sont pas des modèles qu'on peut suivre, ou reproduire."

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