domingo, 14 de outubro de 2012

THE BAND WAGON



Un des classiques incontestés de la comédie musicale hollywoodienne, produite par le génial Arthur Freed, compositeur de chansons puis fondateur d’une equipe responsable de la pluplart des chefs-d’oeuvre du genre musical à la MGM. (Sur cette personnalité exceptionnelle, on recommandera chaudement l’ouvrage de Hugh Fordin “The World of Entertainment”,Doubleday, New York, 1975, traduit chez Ramsay en 1987 sous le titre aberrant “La comédie musicale américaine”.) A la demande de Freed, les scénaristes Comden et Green ont bâti leur histoire à partir de revues écrites par Howard Dietz et Arthur Schwartz durant les trente dernières années. (La revue qui donne son titre au film avait été interprétée en 1931 par Fred Astaire et sa soeur Adèle.) Astaire s’intéressant au projet, les scénaristes (qui se représentent eux-mêmes dans l’intrigue à travers les personnages joués par Oscar Levant et Nanette Fabray) créent un rôle pour le danseur en rapport avec son âge et certaines de ses manies (ex. son allergie vis-à-vis des partenaires de grande taille). Minnelli, ici, ne cherche nullement à revolutionner la structure ou le contenu de la comédie musicale. Au contraire, The Band Wagon représente l’apogée de la forme la plus traditionelle du genre, celle qui est basée sur la préparation d’un spectacle et naquit avec les débuts du parlant. Mais il l’enrichit de l’intérieur en y introduisant les thèmes du vieillissement, de l’échec et du nécessaire renouvellement, qu’il traite avec une emotion très discrète, un humour dynamique et presque cinglant. Se renouveler, ce n’est pas afficher des ambitions extravagantes, mélanger les genres, saper systématiquement les vieilles traditions (au passage Minnelli égratigne l’avant-gardisme de Broadway). C’est, par un retour aux sources qui exige humilité et courage, rénover, revitaliser de l’intérieur son domaine et son propre talent. C’est aussi, comme l’a dit Mamoulian à propos d’Astaire, “améliorer la perfection”. Tous les numéros dansés de The Band Wagon sont passés dans la légende du genre: le solo d’Astaire (“Shine on Your Shoes”) au parc d’attractions, le duo “Dancing in the Dark” avec Cyd Charisse dans le jardin derrière lequel se profilent les gratte-ciel éclairés, ou bien “Triplets”, numéro burlesque où Astaire, Buchanan et Nanette Fabray apparaissent par un habile et simple trucage en bébés (les acteurs dansent à genoux, leurs genoux enserrés dans des bottes de cuir prolongées par des chaussons d’enfants). Le ballet final de treize minutes, “Girl Hunt, a Murder Mystery in Jazz”, évocation satirique de l’univers de la série noire où Cyd Charisse apparaît en blonde, puis en brune, est avec celui d’Un américain à Paris et de Chantons sous la pluie le plus célèbre morceau de bravoure de la comédie musicale hollywoodiene. Quant à la chanson “That’s Entertainment” (qui donna son titre aux anthologies de la MGM), elle fut écrite spécialement pour le film en un demi-heure par Dietz et Schwartz. Elle contient toute la philosophie du genre et mérite d’être mise en enxergue à l’ensemble des musicals Metro.

Jacques Lourcelles, Dictionnaire du cinéma – Les films, pgs. 1456-1457.

Seguidores