domingo, 9 de outubro de 2011

Katerina Golubeva
par Leos Carax

Katerina Golubeva est russe, de Saint-Pétresbourg.

Lorsqu'elle était à Paris (elle y a tourné dans le beau film de Claire Denis "J'ai pas sommeil"), chaque fois qu'elle voulait sortir se promener, elle disait, "Il faut aller flâner maintenant, oui".

Et elle quittait les murs pour traverser les ponts, marcher dans les rues. Au hasard ? Oui, mais un hasard qui est comme son ombre, ou son étoile, qui n'appartient qu'à elle.

Ainsi va sa vie toute entière, sur des chemins inconnus mais choisis, selon des loi étranges qu'on ignore. Elle flâne, à pied ou à cheval, de Russie en Litunanie, d'être en être, de thés noirs en cigarettes, les poèmes d'Arséni Tarkovski dans sa poche.

"Je n'ai humilié ni mes proches ni un brin d'herbe,
Je n'ai pas blessé d'indifférence le sol de mes aïeux
Et tant que je travaillais sur terre, acceptant
Le don d'eau fraîche et de pain odorant,
Régnait un ciel profond au-dessus de ma tête,
Les étoiles me tombaient sur les manches."

Katerina est aussi actrice, mais une actrice de hasard. Le hasard de Katerina. Elle a joué dans les deux premiers films de Sarunas Bartas, et tourne ces mois-ci avec lui en un lieu injoignable, au fond nord de la Sibérie.

Aucune caméra ne peut espérer l'approcher masquée : il lui faut l'absolue nudité ; alors elle se donne, et toute entière.

Son visage magnifique a plus d'anglesqu'un peintre ne peut en rêver. Sous leur voûte immense, ses yeux noirs ou transparents n'en finissent pas de défire toute chose, toute lumière.

Katerina Golubeva est vraiment la plus belle des compagnes de cinéma.

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