terça-feira, 28 de junho de 2011

Les temps sont donc bénis pour les marquis maussades. On aura rarement assisté à une nécrologie aussi lugubre : la mort de Maria Schneider, bâtarde présumée d’un jeune premier vichyste, icône de la « révolution sexuelle » (laquelle ? Tout le monde a eu la sienne, comme disait Revel), héroïne branchée du Dernier tango à Paris, a en effet soulevé un tollé de récriminations aigries, pas même nostalgiques. C’était à qui jouerait au plus repenti : le metteur en scène Bertolucci, gay communiste à la mode italo-française des années 70, les journalistes de Libération et les néo-beaufs ébaubis de la société d’aujourd’hui, tous se repentaient d’avoir un jour utilisé ou révélé ou récupéré ou recyclé la pauvre figure et le pauvre derrière d’une actrice qui s’était laissée défigurer ces dernières années, alors que tant de ses contemporaines prétendent vivre au même âge – 58 ans tout de même – ce qu’il faut bien nommer une deuxième adolescence.




La tristesse de Maria Schneider est sans doute liée à cela : en 1972, il n’y avait déjà plus de cinéma. Il y avait les recettes du parrain, le scandale du tango ou celui de l’orange mécanique, il y avait déjà dans l’air une médiocrité ambiante inimitable : j’en veux pour preuve les chroniques récemment traduites et publiées de Pauline Kael, critique new-yorkaise alors à la mode, et qui montre que rien ne trouvait grâce à ses yeux, Kubrick, Antonioni ou Fellini. Le cinéma était donc mort, en tant que mythe et en tant qu’histoire. Il ne restait donc à Maria Schneider qu’à avouer qu’en ayant montré son derrière au chevalier sans beurre et sans reproche elle avait perdu la fesse ; pardon la face. Aujourd’hui, ils sont 600 millions à le faire sur Facebook, sur les fesses books de toute la planète, et les récriminations, et les repentirs tardifs de l’actrice sonnent tout d’un coup bien faux. D’ailleurs, aujourd’hui l’actrice ferait un procès retentissant à son metteur en scène, qu’elle accuserait d’abus, de harcèlement, de je ne sais quoi, demandez aux avocats, ils sont payés pour cela…

Je suis désolé pour Maria Schneider. Elle méritait mieux comme tout le monde ou presque ; mais elle n’avait pas besoin de dire à l’époque qu’elle avait couché avec cent filles et garçons, comme je l’avais noté dans mon livre la Damnation des Stars, alors que trente ans plus tard elle avoua être pucelle au moment du tournage (qu’est-ce que les médias ne feraient pas de Jeanne d’Arc aujourd’hui, hein, mes frères, y avez-vous pensé ?). Maria Schneider était déjà condamnée au récit plus qu’à l’histoire ; n’ayant plus rien à dire, elle devait en raconter, des salades. La suite de sa filmographie aura été d’un anonymat total ; comme beaucoup d’anciennes actrices érotiques, elle s’adonna à l’astrologie et à la spiritualité ; à titre personnel, comme on dit aujourd’hui.

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